La preuve par 1/3, Mathilde Pellé, 2017, collection du CID au Grand-Hornu.
SOUSTRAIRE
POURQUOI Y A-T-IL QUELQUE CHOSE PLUTÔT QUE MOINS ?
Soustraire est un projet de recherche porté depuis 2016 par la designer et artiste Mathilde Pellé.
Le plus rassure et il sature aussi ; le moins inquiète et il allège. Idéalement, nous ne devrions pas subir le plus et le moins, ils doivent être considérés ensemble comme un jeu d’équilibre entre des pleins et des vides.
La démarche Soustraire n’est pas un mot d’ordre, c’est à la fois un exercice de réflexion et une attitude à mettre en pratique. Par ce travail j’étudie les formes, les gestes, les possibilités soustractives. Il me force à ramener le moins au même niveau que l’ajout. Le moins n’est pas synonyme de manque et le plus n’est pas synonyme de satisfaction. Les deux sont des moyens de transformation de nos espaces, de nos objets et de nos modes de vie.
Nous dessinons avec le moins : on peut former un objet en retirant progressivement de la matière pour que la forme pleine apparaisse, on peut faire une réserve dans un mur pour qu’une fenêtre existe.
Le moins permet aussi de mettre en doute l’existant. Si le ‘pourquoi’ d’un objet nous échappe, nous pouvons nous en détacher. Quand une forme nous gêne, nous pouvons l’observer comme une curiosité qui pourrait disparaître.




EXPOSITION / RÉSIDENCE
DES TONNES DE
17.11 > 12.12 2025
Chambre des méthodes – DROP !, Saint-Étienne
avec le soutien d’Albertine Founds & du Fonds Marie-Thérèse Allier pour l’art contemporain
En février 2024, Mathilde Pellé embarque à Savannah (côte Est des États-Unis) à bord d’un porte-conteneurs qui fait escale à Philadelphie, Rotterdam, London Gateway et Dunkerque — où elle débarque. Immergée dans ce huis clos humain et matériel, l’artiste capte témoignages, images et données sur le navire, son équipage, sa cargaison et la traversée qui s’opère. En transformant cette matière documentaire pour l’exposition, elle décrit et éclaire une artère majeure et pourtant invisible de la logistique globalisée : le transport maritime.
Pendant sa résidence à la Chambre des Méthodes et en parallèle des installations réalisées sur sa traversée en porte-conteneurs, Mathilde Pellé déplie et étudie l’objet calendrier de l’avent. Accélérateur probable du consumérisme et compte à rebours matériel du sommet annuel de la marchandise (qu’est la période des fêtes), cet objet pénètre fin novembre les espaces domestiques. Entre le Black Friday et Noël, il distribue massivement et quotidiennement son lot de chocolats et de petits objets




EXPOSITION
MATHILDE PELLÉ, CHEMIN CREUX
8.06 > 29.12 2024
Fondation Martell, Cognac
La Fondation d’Entreprise Martell lance son nouveau format d’exposition-résidence et invite la designer Mathilde Pellé à partager et développer sa démarche de recherche Soustraire. En déployant différents aspects du travail mené depuis 2016 – à la fois expérimental, critique, formel et théorique – l’exposition incite à poser un regard attentif sur des objets que nos sociétés proposent et sur les formes qui peuvent advenir par soustraction. Pellé poursuit la question inépuisable qui dirige ses réalisations, sa pensée et son rapport au design : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que moins ? »



workshop / résidence
CITRO SUBSTRAT 1987
10.09 > 5.10 2024
dans le cadre de l’exposition Autofiction
CID au Grand-Hornu, Belgique
avec les élèves de la section carrosserie du Lycée Provincial d’Hornu.
Étude et transformation par soustraction d’une Citroën BX de 1987. Ouvrir une voiture pour voir comment elle fonctionne et imaginer, en intervenant directement sur sa forme, ce qui aurait pu être absent dès sa conception. Une analyse de l’opulence technique et matérielle de la voiture, qui nous rappelle comment les objets sont toujours conçus comme des formes pleines et complètes dans un monde où les ressources se raréfient.



EXPOSITION
MAISON SOUSTRAIRE, A POSTERIORI
6.04 > 31.07 2022
XIIème Biennale Internationale Saint-Étienne
sur le projet Maison soustraire
FILM
MEUBLÉ
2022
Film réalisé par Jean-Baptiste Warluzel sur le projet Maison Soustraire
60 minutes – collection du FRAC Grand-Large
En se rendant à plusieurs reprises dans l’appartement Maison soustraire, le réalisateur Jean-Baptiste Warluzel a pu observer avec sa caméra la transformation de l’espace domestique habité par Mathilde Pellé et son chien Jobard.
Immersion lente, qui s’appuie sur l’usage des objets, le film témoigne des gestes, des adaptations et des habitudes qui sont apparus lors de cet exercice de soustraction matérielle.













projet expérimental
MAISON SOUSTRAIRE
2020-2021
projet expérimental
Deep Design Lab / Cité du Design, École Urbaine de Lyon, Agence Nationale de la Recherche.
‘Maison Soustraire : 8 semaines pour retirer 2/3 de la matière des 112 objets qui constituent mon lieu de vie – un appartement de la rue Neyron à Saint-Etienne.
Cela, pour disséquer un à un, les objets qu’une société contemporaine occidentale propose et ainsi questionner les traces d’un mode de vie qui se construit sans doute autour de ceux-ci. J’habiterai les différentes réalités matérielles successives de cet environnement domestique en prototypage et en ruine. Mon chien se joint à moi, je fais usage de 109 objets et lui de 3.’
Les objets constituant la globalité de l’environnement domestique étaient au nombre de 112 au début de l’expérimentation, une soustraction de 2/3 de matière (par le poids) s’est appliquée à chacun d’entre eux. Chaque objet a été suivi et documenté tout au long du projet, depuis son achat en passant par ses transformations, ses hybridations et jusqu’à son dernier usage au sein de l’appartement.
La vaste documentation et les multiples données et objets de cette expérience sont partagés lors d’expositions. Le film Meublé, du réalisateur Jean-Baptiste Warluzel, partage l’expérience d’un regard sur la transformation des objets et des gestes qu’ils suscitent.
Le film, différents objets issus de l’expérience et l’archive du projet sont entrés dans la collection du FRAC Grand Large Hauts-de-France de Dunkerque en 2026.

résidence
me SOUSTRAIRE
06.09 > 31.10 2021
site Cap Moderne, Roquebrune Cap-Martin
Association Eileen Gray . Étoile de mer . Le Corbusier
Suite à son appel à résidence pour la saison 2021, l’Association Eileen Gray . Etoile de mer. Le Corbusier, accueillera la designer Mathilde Pellé sur le site de Cap Moderne, elle y développera différents aspects de projet de recherche Soustraire. Elle profitera de ces deux mois pour opérer un détachement technologique et vivre sans téléphone, sans ordinateur et sans internet. Elle observera les stratégies et les modifications du quotidien qui en découlent et en restituera l’expérience par le biais d’écrits. Elle présuppose que l’absence d’outils technologiques la conduira à une socialité plus directe.
En parallèle elle travaillera à le transformation de grands panneaux de tissus par soustraction.développera et opérer un travail manuel de soustraction de matière sur de échantillons de tissus. Les hypothèses abordées : mettre en doute une présence, reconfigurer sans ajouter, visent toutes à exercer le moins, un potentiel sous-estimé, qui est pourtant une direction comme une autre à sonder.


PHOTOGRAPHIE
GOMMAGES
2018
série en cours
Une manie soustractive m’oblige régulièrement, en réaction à des scènes de tous les jours, à gommer mentalement des éléments qui, selon moi, ne participent pas à une amélioration quelconque du quotidien et sont des encombrants physiques ou visuels. Une partie de ces réflexions de terrain se matérialise à travers la série Les gommages. Construit à partir de photographies de mon quotidien, ce travail dénonce de façon subjective, des présences peu sensées, des excroissances malheureuses en les effaçant.
‘J’étais dans une salle des urgences où des rideaux pliants en PVC étaient installés pour séparer les lits. Sur la surface et sur toute la hauteur de chaque dernier volet des rideaux étaient imprimés un brin d’herbe et une coccinelle, l’option «impression nature» du catalogue du fabricant. Visuellement cela donnait : une coccinelle sur un brin d’herbe de 2 mètres de haut – les jambes d’une vieille dame chaussées de charentaises – la même coccinelle sur un brin d’herbe de 2 mètres – des pieds tordus de douleur – une troisième fois la coccinelle et le brin d’herbe – un lit vide…La présence de ces impressions produisait cette alternance ridicule et rendait cette vision pénible, bien plus pour moi que si les rideaux étaient restés blancs et uniformes. Ce décor faisait claquer plus sèchement la réalité – premier gommage.’




projet expérimental
UNE PÉNURIE
28.06 > 07.07 2018
exposition «Halte à la croissance !»
CID au Grand-Hornu, Belgique
La designer Mathilde Pellé habite ici confortablement, mais une pénurie de matière met en péril la société dans laquelle elle vit. Chaque jour, suite à la mise en place d’une nouvelle taxe, elle doit fournir à l’état 9 kilos de matériaux quelconques issus de son habitation. Pour répondre à cette obligation, elle commence alors un travail de prélèvement de matière dans l’environnement domestique bourgeois constituté dans l’espace du CID. Elle soustrait les ornements, gratte le superflu, lime l’essentiel et essaye de préserver les objets qui l’entourent et les fonctions qu’ils remplissent.Ce nouveau projet expérimental est une fable contemporaine sans morale qui dessine un futur proche où les idées de confort, de décor admises actuellement seraient complètement ébranlées par une baisse des moyens matériels.



projet expérimental
LES OBJETS DISPARAISSENT
9.03 > 9.04 2017
Xème Biennale Internationale Saint-Étienne
La designer Mathilde Pellé habite un appartement de la Rue de la République à Saint-Étienne. Elle y mène, jour après jour, un projet expérimental sur la soustraction d’objets et de matière.